Le nucléaire français : en route vers la banqueroute ?

Une information rarement relayée dans les medias fait état d’un gros incident en mars 2016 à la centrale nucléaire de Paluel. Dans le cadre des opérations du « Grand Carénage » du parc nucléaire français (renforcement de la sécurité suite à Fukushima), un équipement de plus de 400 tonnes est tombé de 22m de haut.

Les syndicats d’EDF pointent du doigt la faiblesse de la maintenance et des sous-traitants, qui subissent de plus en plus de pression sur la rapidité et les coûts. Notre parc nucléaire vieillissant devient de plus en plus dur et coûteux à entretenir.
Source: Novethic

Cette information arrive juste au moment où la cour des comptes se penche sur l’avenir d’EDF et du parc nucléaire.
La cour des comptes s’alarme sur les coûts exorbitants auxquels EDF (et donc la France et les contribuables) aura à faire face: « Construction des EPR, maintenance des centrales en activité et reprise d’une partie d’Areva… Mais aussi les futurs coûts de démantèlement des 58 réacteurs nucléaires en exploitation ».
Fin 2014, EDF estimait tout cela à 19 milliards d’euros. (Cherchez l’erreur: l’EPR de Flamanville va coûter 15 milliards à lui seul).
La cour des comptes insiste: l’Allemagne estime le coût du démantèlement au même coût que la construction.
L’expérience nous incite aussi au pessimisme: le démantèlement toujours en cours (depuis 1985) de la petite centrale de Brennilis (70 Mw) a déjà coûté 482 millions d’euros.
Autre expérience: la Suisse vient de décider l’arrêt et le démantèlement de la centrale de Mühleberg (370 Mw). 800 millions de francs suisses ont été budgétisés (à peu près 740 millions d’euros). Les travaux dureront 15 ans et prévoient l’évacuation, le tri et le recyclage de 200 000 tonnes de matériau, dont 6000 tonnes de déchets radioactifs. (source: LeTemps.ch).
Faites le calcul: la France dispose de 58 réacteurs nucléaires, de 800 à 1500 Mw, qui seront tous à arrêter et démanteler avant les 20 à 30 prochaines années. (Tous ont été construits dans les années 1970-1980).

En sachant qu’un réacteur arrêté ne produit plus rien, qu’il faut payer le chantier de son démantèlement, tout en construisant son remplacement (nucléaire ou autre énergie), et tout en continuant de fournir de l’énergie pendant ce temps.
Source: Novethic

L’Allemagne tant décriée pour son charbon est cependant en train de réussir le pari de la transition énergétique, et peut commencer à réduire sa consommation de charbon.
Source: Novethic

Une réflexion sur “Le nucléaire français : en route vers la banqueroute ?

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